Le tête-à-tête direct entre les ministres des Affaires étrangères, Bernard Kouchner et Guido Westerwelle, a porté sur l'Iran, la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) et les nouveaux projets de coopération.
Paris et Berlin ont appelé Téhéran à répondre positivement à l'offre de coopération de la communauté internationale en jouant la transparence sur son programme nucléaire. L'Iran ne sera pas jugé sur ses paroles, mais sur ses actes, a souligné M. Westerwelle. L'accès de l'Iran à l’arme nucléaire n'est acceptable en aucune manière, a-t-il ajouté.
Coopération sur la sécurité
Les questions relatives à la sécurité ont été abordées lors de la réunion du comité du conseil franco-allemand de défense et de sécurité, qui se tient habituellement à l'occasion du conseil des ministres commun. Après le succès de la conférence de Londres sur l'Afghanistan, Berlin et Paris ont manifesté leur engagement en annonçant la réalisation sur place d'un projet commun dans le domaine de la reconstruction civile et du soutien à la population. Il a également été question de l'avenir de la politique européenne de sécurité et de défense, de la mission européenne de formation des forces de sécurité somaliennes (EUTM) et de la mission Atalante de lutte contre la piraterie au large de la Corne de l'Afrique.
Agenda franco-allemand
La politique étrangère est l'un des six grands domaines dans lesquels la France et l'Allemagne entendent renforcer leur coopération au cours des dix prochaines années. Dans le cadre de l'"Agenda franco-allemand 2020", Paris soutient l'aspiration de l'Allemagne à un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. Les deux pays affirment, par ailleurs, leur volonté commune de "s'inscrire au centre du développement de la PESD, de l'Alliance atlantique et de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe)".
Pour ce faire, la France et l'Allemagne annoncent plusieurs actions. Elles désirent lancer des initiatives de coopération structurée permanente avec la Pologne, dans le cadre du Triangle de Weimar, ainsi qu'avec d'autres partenaires européens afin de développer la gestion civile et militaire des crises au sein de l'Union européenne (UE). Elles souhaitent accroître la capacité d'engagement opérationnelle de la Brigade franco-allemande. Elles veulent également coopérer pour développer la Politique européenne de voisinage.
À plus large échelle, l'Allemagne et la France annoncent des efforts communs de lutte contre la prolifération des armes de destruction massive et des missiles. Elles disent vouloir "contribuer ensemble à la sécurité transatlantique à travers [leur] ferme engagement envers les buts et valeurs de l'Alliance atlantique". Enfin, elles veulent améliorer les capacités de règlement des conflits de l'OSCE. Elles feront acte de candidature à la présidence conjointe de l'OSCE dès que possible.
En matière de sécurité intérieure, d'immigration et de justice, Paris et Berlin désirent renforcer Frontex, l'agence européenne de sécurité aux frontières, en Méditerranée. Elles veulent aussi encourager une action européenne anti-drogue pour couper les routes de la cocaïne et de l'héroïne vers l'Europe. Elles entendent également travailler ensemble à des accords de gestion concertée des flux migratoires dans le voisinage oriental de l'UE et en Afrique.
Coopération bilatérale
Enfin, l'Agenda franco-allemand 2020 étend la coopération bilatérale. Il prévoit de mettre en place, au cours des dix prochaines années, jusqu'à dix ambassades communes. Un module franco-allemand sera par ailleurs introduit dans la formation des diplomates dans les deux pays.
Source: Ministère fédéral des Affaires étrangères










